Le chat du rabbin (Joann Sfar & Antoine Delesvaux)

mardi 21 juin 2011
Film d'animation sortit en juin 2011

Joan Sfar, avant de se lancer dans le monde du cinéma avec Gainsbourg, vie héroïque, c'était et ça reste avant tout une figure de proue de la BD "indé" francophone. C'est un auteur prolifique au style immédiatement reconnaissable (tant d'un point de vue graphique que scénaristique), et même si j'avoue ne pas être un inconditionnel de toute sa production (assez inégale àmha et parfois un peu trop arty à mon goût), on lui doit quelques chefs-d'oeuvres de la BD moderne, à commencer par la génialissime série Donjon qu'il co-scénarise avec Lewis Trondheim. Pour son deuxième film, il a décidé d'adapter son oeuvre pour laquelle il est sans doute le plus connu, Le chat du rabbin.

Zlabya et son chat

De quoi ça parle? Le rabbin Sfar (ça n'est évidemment pas innocent, le récit étant en partie autobiographique) habite à Alger en compagnie de sa fille Zlabya et de son chat. Le jour où celui-ci avale un perroquet, il se met subitement à parler. Cela ne va pas être sans causer d'ennuis, car il se révèle particulièrement impertinent, ce qui amène le rabbin à l'éloigner de sa fille sur lequel il exerce une mauvaise influence, et décide de lui enseigner la Torah. Vous l'aurez compris, derrière cette histoire rocambolesque et fantaisiste, c'est une exploration du judaïsme et de la culture d'Alger dans laquelle va nous amener ce film. Mais plutôt que de se centrer de façon nombriliste sur ce thème comme on aurait pu le craindre, le récit multiplie les rencontres, parfois conflictuelles et souvent drôles, avec d'autres cultures, et d'autres façons de penser. Le rabbin va par exemple se retrouver à voyager avec un ex-russe blanc bourré aux as qui n'aime rien de plus que se saouler et provoquer les gens en duel. Du coup, même pour un ignare comme moi qui ne connait que très mal cette culture, ça reste abordable et tout à fait appréciable. Le thème des conflits de religion et des relations inter-culturelles est bien sûr universel, et on s'attache sans mal à chacun de ces personnages hauts en couleur. Je salue au passage la performance de François Morel et Maurice Bénichou, dont les voix incarnent à la perfection leur personnage (respectivement, le chat et le rabbin). Côté graphique, ça rappelle la BD mais avec un trait plus soigné et précis. Les puristes crieront au scandale, moi j'ai trouvé ça plutôt sympa, même si j'ai été un peu décontenancé par le changement apporté dans la dernière partie.

Le rabbin Sfar part méditer sur la tombe de son ancêtre

Au final donc, j'ai passé un très bon moment avec ce film, qui a réussi à la fois à me toucher et à me faire rire (la brève apparition de Tintin est tordante par exemple). C'est une adaptation fidèle d'une très bonne BD, et je dois dire que je l'ai même préférée à celle-ci, qui traînait un peu en longueur et m'avait moins convaincu sur la fin (elle aurait gagnée àmha à être réduite à 3 tomes). Le trailer :

3 commentaires:

Calenwen a dit…

Ah bon la fin de la BD traine ne longueur ? Faut vraiment que je déniche les derniers tomes à la bibliothèque. Je me demandais si le changement de style sur la fin découlait de la BD, mais c'est pas le cas apparemment..
En tout cas, c'était un chouette film, et la musique est très agréable à écouter ^^

Maëlig a dit…

Ca fait un bout de temps que je l'ai lu, mais dans mes souvenirs oui, surtout que l'histoire est assez décousue donc j'ai eu du mal à accrocher jusqu'au bout. Faut dire aussi que c'est pas le genre de thème qui me parle beaucoup en temps normal, donc c'était peut-être un peu trop d'un coup! Après faut pas me faire dire ce que je n'ai pas dit, j'aime bien la BD malgré tout.
Effectivement le changement de style vers la fin correspond plus au dessin de Sfar, mais je ne sais pas si c'était vraiment justifié, c'est plus perturbant qu'autre chose àma.
La B.O. est très sympa effectivement!

Cachou a dit…

Moi j'ai bien aimé tous les tomes de la BD. Mais j'hésite encore pour le film. J'irai peut-être le voir à Lille en profitant des prix de la fête du cinéma (mais ma paresse légendaire risque de prendre le dessus et de m'en empêcher...).

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